" Les échos du Silence"
Une longue évocation biblique du silence
ouvre l'invitation à écouter au fond de soi
"les Paroles de silence"...
comme invitent
aussi les Bernardines,
et leur
cimetière de" sable et de coquilles"...
POEME 2
O longue,longue nuit du silence éternel
Avant la création du monde temporel,
Personne ne peut dire l'attente sidérale
Ni la nostalgie d'être de la première Etoile...
Mais il fut révélé dans la coulée du temps
Qu'au désert, sans nul bruit, Dieu comme un jeune amant
Parlerait à nos coeurs entre nuage et sable
Pour revivre avec Lui un amour ineffable.
C'est le Prophète Osée, grand inspiré de Dieu,
Qui fit l'apologie du monde silencieux
Où le salut s'opère sous l'action de la grâce
Comme un souffle léger de la très sainte Face...
Alors les Bernardines du "Père Cestac"
Repenties de la rue, de la boue, du cloaque,
Entrèrent à leur tour en grande pénitence
Dans la douce clarté du monde du silence.
Monde peuplé d'échos, de pans de symphonie,
Brise de Nazareth où la Vierge Marie
Rentrée en elle-même, entendit la nouvelle
De l'Ange du Seigneur, venu à tire-d'ailes...
Et la Mère de Dieu, doucement inclinée
Inspirera alors, toujours et à jamais,
Le coeur des pauvres filles retrouvant la quiétude
Du désert bienheureux et de la solitude...
Mais on n'entend non plus dans le terrain profond
Le chant vital et fort de la germination,
Où leurs mains laborieuses semèrent l'espérance
Des bons fruits et des fleurs mais sur fond de silence...
Et Jésus-Christ lui-même s'enfonçait au désert
Contempler le couchant, qui sait. Le rayon vert...
Et là, au bord des dunes en sa nature d'homme
Il tombait à genoux et murmurait les psaumes.
Dis, mon frère, ma soeur, de grâce, écoute-moi
Questionnant l' horizon, chacun au fond de soi.
Allons dans une allée sablonneuse,
Et puis marchons ensemble, moi heureux, toi heureuse...
Et si chante un oiseau ou gronde l'océan,
Ces musiques de Dieu, allons d'un pas plus lent,
Laissons brûler nos coeurs, retrouvons nos enfances,
C'est l'Esprit qui nous parle: Paroles de silence...
Si soudain se profile, frôlant les tamaris,
La silhouette blanche d'une âme repentie,
Ne la poursuivons pas si elle nous évite,
C'est une "pénitente" qui va et qui médite...
..........................
Bernardines d'Anglet, ô nos soeurs ignorées,
Dites-nous le"pourquoi",dites-nous le secret
De votre vie enfouie, de votre joie profonde,
Vous qui sauvez là-bas l'immensité du monde!
.........................
Si vous venez un soir prier sur leurs tombeaux
D'extrême humilité, si simples mais si beaux
De sable et de coquilles, seul le bruit de la mer
Modulera pour vous sa puissante prière...
Maurice
POMMIEZ
ce mercredi 1er juillet
2008